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Cabinet Dimitri Droit du travail · Paris 11ème
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Matière 02 — Rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle individuelle.

Mode de rupture amiable du contrat de travail introduit par la loi du 25 juin 2008. Indemnité spécifique au moins équivalente à l'indemnité légale, délai de rétractation de quinze jours, homologation par la DREETS.

L. 1237-11Code du travail
15 joursDélai de rétractation
DREETSHomologation
~50 joursDélai total moyen

Le cadre légal

Articles L. 1237-11 et suivants du Code du travail. La rupture conventionnelle individuelle (RCI), introduite par la loi du 25 juin 2008 sur la modernisation du marché du travail, est un mode de rupture amiable du contrat à durée indéterminée. Elle ne peut être imposée par l'employeur ni demandée unilatéralement par le salarié — elle suppose un accord des deux parties sur le principe et sur les modalités.

Le formalisme est strict : un ou plusieurs entretiens préalables, formulaire CERFA n° 14598*01, délai de rétractation de quinze jours calendaires à compter de la signature, puis homologation par la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS, anciennement DIRECCTE). L'homologation est implicite si la DREETS ne répond pas dans les quinze jours ouvrables.

Cass. soc. 23 mai 2013, n° 12-13.865

« La rupture conventionnelle ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties. Elle résulte d'une convention signée par les parties au contrat. »

L'arrêt rappelle qu'un consentement vicié (pression, harcèlement antérieur, contexte de licenciement déguisé) peut entraîner l'annulation de la rupture, avec réintégration ou requalification en licenciement sans cause.

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle

Article L. 1237-13. L'indemnité spécifique versée au salarié doit être au moins égale à l'indemnité légale de licenciement (article L. 1234-9), elle-même calculée selon la formule :

Pour les conventions collectives plus favorables (notamment Syntec, métallurgie, banque), c'est l'indemnité conventionnelle qui s'applique si elle est plus généreuse. La négociation porte donc en pratique sur le supplément au-delà du minimum légal ou conventionnel.

Le piège de la rupture conventionnelle « subie »

Une rupture conventionnelle peut être annulée si le consentement du salarié a été vicié — par exemple s'il existe un contexte de harcèlement, de menace de licenciement abusif, ou de pression caractérisée. La jurisprudence est claire (Cass. soc. 30 janvier 2013, n° 11-22.332) : le contexte précédant la signature est pris en compte pour apprécier le caractère libre du consentement.

Lorsque la rupture est annulée, elle est requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec ouverture des indemnités prud'homales correspondantes.

Une rupture conventionnelle bien négociée est plus favorable qu'une procédure prud'homale ; mais une rupture mal négociée prive le salarié de droits qu'il pouvait défendre.

Quand recommander une rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle est appropriée dans plusieurs configurations :

Elle est en revanche inappropriée quand : le salarié subit la rupture, quand l'employeur a commis une faute grave (harcèlement, discrimination), ou quand l'indemnité proposée est notablement inférieure aux dommages-intérêts qu'un Conseil de Prud'hommes accorderait.

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