La garde à vue est une mesure privative de liberté décidée par un officier de police judiciaire (OPJ) sous le contrôle du parquet, qui permet de retenir une personne soupçonnée d'avoir commis un crime ou un délit puni d'emprisonnement. Cadre fondamental de la défense pénale — l'essentiel se joue dans les premières heures.
Mesure prévue à l'article 62-2 du Code de procédure pénale (CPP). Décidée par un OPJ pour une durée de 24 heures, renouvelable une fois (48 h au total) sur autorisation du procureur. Régimes dérogatoires : 72 h pour les infractions économiques et financières graves, 96 h pour les stupéfiants en bande organisée et le terrorisme (art. 706-88 CPP).
L'OPJ doit notifier dès le début de la garde à vue (art. 63-1 CPP) :
Notification d'abord oralement, puis remise écrite. Le PV de notification est signé. Si vous ne savez pas lire ou ne parlez pas français, l'interprète doit être présent.
Vous avez le droit à un avocat dès le début de la garde à vue. Vous pouvez :
L'avocat dispose alors :
1. Demandez immédiatement un avocat. Un avocat du cabinet, ou un avocat de permanence — ne renoncez jamais à ce droit (« j'ai rien à cacher » est le piège classique).
2. Demandez l'examen médical (art. 63-3 CPP). Il est obligatoire dans certaines situations (mineurs, état de santé, allégations de violences) mais peut être demandé à tout moment.
3. Faites prévenir un proche. Cela permet à votre famille de désigner un avocat et de vous apporter des affaires (médicaments, vêtements de rechange).
4. N'utilisez le droit au silence que sur conseil de votre avocat. Le silence n'est pas systématiquement la meilleure stratégie — il peut être interprété négativement par le parquet à la sortie.