L'audition libre est le cadre dans lequel les enquêteurs entendent une personne soupçonnée sans la placer en garde à vue. Elle implique des droits différents — et des arbitrages stratégiques que seul un avocat peut faire avec vous avant la date de l'audition.
Article 61-1 du Code de procédure pénale. L'audition libre concerne une personne contre laquelle existent des « raisons plausibles de soupçonner » qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction. Elle est libre au sens où la personne n'est pas privée de liberté — elle peut quitter les locaux à tout moment.
Concrètement, la convocation arrive par lettre, par téléphone ou par déplacement d'un OPJ. Date et heure proposées, parfois imposées. Lieu : commissariat ou gendarmerie de l'enquêteur en charge.
Avant l'audition (art. 61-1 CPP) :
Légalement, vous pouvez refuser. L'audition libre n'est pas obligatoire. Mais ce refus a des conséquences pratiques :
En pratique, le refus simple est rare. La stratégie est plutôt : venir, mais avec un avocat préparé, qui aura passé en revue avec vous l'objet probable de l'audition, les éléments dont disposent les enquêteurs (autant qu'on puisse les anticiper), et la stratégie de réponse.
C'est l'arbitrage central, qui dépend du dossier. Garder le silence évite de se contredire avec des éléments qu'on ne connaît pas, mais peut être interprété défavorablement à la sortie. Parler permet de présenter sa version, mais expose au risque de déclarations ultérieurement opposées.
La décision se prend avec l'avocat avant l'audition, pas pendant.